Les cultivateurs sont serviteurs des lois de la nature, l’homme sert la terre qui le lui rend ensuite. Le cultivateur européen a l’idée qu’il peut « tordre » les lois de la nature : c’est un leurre qui se retourne contre lui!  Le cultivateur africain respecte profondément sa terre pourtant ingrate.
pc260071.jpg
Les conditions climatiques du plateau mossi  sont, elles aussi, éprouvantes : il fait chaud toute l’année, mais deux types de saisons se succèdent. La saison des pluies, de mai à octobre, avec de fortes précipitations qui entraînent le développement de la végétation et la possibilité de cultiver.
SAISON DES PLUIES 1.JPG
BARRAGE GOGHIN 1.jpg
et la saison sèche, de novembre à mai caractérisée par la disparition de la végétation, la sécheresse qui engendrent l’impossibilité de cultiver. Ce climat est caractéristique du milieu tropical sec :  la saison sèche est plus longue (sept mois) que la saison des pluies (cinq mois).
p1010350.jpg
Les paysans mossis (83 % de la polulation) vivent péniblement d’une agriculture vivrière : ce qu’ils cultivent parvient à peine à les nourrir et ils souffrent d’une grande pauvreté en dépit de cet attachement à la terre nourricière, de leur ténacité et de longues journées de travail.
pc260080.jpg
OUAGADOUGOU 2003 097.jpg

L’outil utilisé reste la daba et parfois une charrue tirée par un âne.

pc260061.jpg
094-2_Travaux des champs.JPG
SAISON DES PLUIES 3.JPG

Ils mettent leurs champs en valeur avec les techniques rudimentaires du brûlis aux effets destructeurs et de la jachère.

p1020565.jpg
04500072.JPG
« Si la pratique d’abattis-brûlis en rotation avec une friche arborée de longue durée permet généralement de satisfaire sans dommage les besoins des sociétés à faible densité de population, il n’en n’est plus de même lorsque, du fait de l’accroissement démographique, les surfaces cultivées ne retournent à la friche que pour de trop courtes périodes. La biomasse ne parvient plus à se reconstituer dans les mêmes proportions qu’auparavant et du fait des moindres apports organiques et minéraux, les sols perdent progressivement une part de leur »fertilité »….. »

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_0040-7356_1993_num_34_134_4750

Il n’y a pas un jour où le cultivateur ne peine pas à la tâche pour gagner la nourriture de sa famille.
OUAGADOUGOU 2003 132 bis.jpg
« N’en déplaise à de trop nombreux « experts » internationaux la pression démographique ne peut être tenue pour la seule responsable de la désertification du pays sahélien et du recul de la forêt intertropicale. Le problème réside principalement dans le fait que les paysanneries du Tiers Monde ne parviennent généralement pas à avoir accès aux moyens de production qui leur seraient nécessaires pour éliminer les mauvaises herbes et entretenir la fertilité des sols dans les régions déjà mises en culture : charrue et tractation animale, troupeaux et étables fumières, charrettes pour le transport des matières organiques, etc. C’est la pauvreté des paysans et leurs difficultés à acquérir les équipements dont ils auraient besoin pour mettre en oeuvre des systèmes de production plus stables …qui sont à l’origine du maintien et de l’extension de l’agriculture sur abbatis-brûlis. »
OUAGADOUGOU 2003 240.jpg
« Mieux vaut être une vache en Europe qu’un pauvre au Burkina Faso ou le véritable contexte des droits de l’être humain à la survie ». La vache européenne moyenne reçoit une subvention de 2 dollars par jour (le seuil de pauvreté de la banque mondiale). Plus de la moitié des habitants du monde en développement vivent avec moins. Mieux vaut apparement être une vache en Europe qu’un pauvre dans un pays en développement..

Danielle Bleitrach

Sociologue, universitaire, militante, spécialiste des questions internationales au PCF.

VACHE MAIGRE.JPG

Au Burkina Faso, l’usage d’outils rudimentaires pour la transformation des aliments est général.

pc260088 bis.jpg
P5071838.JPG
CBZ FIN MARS 09 2.jpeg

En Europe nous ignorons l’impact de ces techniques qui accentuent la répétitivité et la pénibilité des milliers de gestes qui composent les tâches quotidiennes des femmes ».  Quand les greniers sont pleins les femmes doivent piler les céréales entre 5 à 6 heures dans une journée.

Femme pilant.JPG

« Ces travaux domestiques sont souvent prolongés par de longues heures de marche consacrées à la collecte de l’eau ou au ramassage du bois. »

EAU LESSIVE.JPG
P1020190.JPG
« Autant d’obligations qui, assumées successivement ou simultanément pour économiser du temps, n’ont pas moins d’incidence sur la longueur de la journée d’activité de la femme estimée entre 14 et 16 heures. Ces tâches ne sont pas intégrées dans le registre du travail. En effet, l’idéologie dominante ne conçoit comme travail que les activités rémunérées. »
(source : réseau africain Genre et Action http://www.genreenaction.net/spip.php?article4006).
Pourtant les femmes burkinabés jouent un rôle économique déterminant : ce sont elles qui accomplissent avec abnégation  les travaux ménagers et agricoles.

En période de soudure alimentaire ou de famine, les maigres foyers domestiques  ne chauffent  plus guère que de l’eau dans laquelle surnagent des feuilles de baobab ou d’oseille.

FEMME EN CUISINE.jpg

Quand les mortiers se taisent, les enfants se couchent la faim au ventre et c’est bien pire pour ces mères de famille que le travail le plus harassant des jours après les récoltes où les greniers sont plein de mil, de maïs et de sorgho…

08530263 bis.JPG
PIC_0253.JPG
Webmaster le 05/08/2010

Dans les sociétés traditionnelles burkinabés et nous connaissons les Mossis, les Bobos et les Gourmantchés, le respect des aînés ne se limitait pas au grand-père ou à la grand-mère, mais à l’ensemble des personnes âgées de la communauté.

P5071835 bis.JPG
08530053.JPG
GRAND MERE ZONGO.JPG
P4261260 bis.JPG
P503GRAND MERE FADA.JPG
Ces personnes étaient à la tête de grandes familles et possédaient des richesses (champs, troupeaux, etc.) et des connaissances précieuses pour la communauté notamment en botanique et en phytothérapie. Elles étaient écoutées par les chefs et jouaient un rôle prépondérant sur les plans coutumiers et religieux. Le vieillissement ne posait pas de problèmes particuliers car les personnes âgées constituaient un patrimoine familial. Elles étaient intégrées et prises en charge au sein du groupe familial ou communautaire.
08530259.JPG
Faso_045.JPG

De nos jours, en milieu citadin les mutations économiques et socio-culturelles, dans un contexte de pauvreté persistante, entraînent des phénomènes d’exclusion sociale et de marginalisation dont sont victimes certaines couches de la population et notamment les personnes âgées.

PIC_0298.JPG
P1030517bis.JPG

Ce vieil homme, depuis disparu, avait croisé le chemin d’Antoine Onadja, le Coordonnateur des centres qui lui avait porté secours.

VIEUX ZONGO.JPG
Goama Kabré s’est insurgée contre ces exclusions pernicieuses. L’association ABFAV qu’elle a créée offre un refuge aux femmes esseulées qui croisent son chemin et retrouvent un toit et une vie communautaire pour veillir dans la dignité.
MAMAN GOAMA.jpg
Repas commun.JPG

Les femmes mossis, peuple majoritaire du Burkina Faso, se déplacent rarement seules et leurs petits en bas-âge savent se comporter de façon disciplinée en bien des circonstances.

p1020416.jpg
PC190015 BIS.JPG
p1020403.jpg
PETIT CBZ 11.JPG
PETIT CBZ 8.JPG
P1050313.JPG

Ils assistent silencieux et attentifs aux cours. Ils n’ont pas l’habitude de réclamer ou de se plaindre, ni de trouver le temps long ou de s’impatienter.

Ils sont là bien sages, à la fois curieux et intéressés par le monde des adultes :

P1070098.JPG
PETIT CBZ 6.JPG
PETIT CBZ 9.JPG
PETIT CBZ 2.JPG
P1070303.JPG

Ou alors, ils profitent de la fraîcheur toute relative du lieu et du sol uni pour dormir un peu :

p1020426.jpg
PETIT CBZ 4.JPG
P1070184.JPG

De temps à autre, un ami français de passage offre des peluches à tous ces petits qui n’ont pas de jouet et c’est la fête…

PETIT CBZ 13.JPG
PETIT CBZ 3.JPG

« Tonny » le Coordonnateur du centre trouve toujours assez de riz pour nourrir mères et enfants….

PIC_0252 bis.JPG

P1070287 bis.JPG
P1070233.JPG

Antoine a cette faculté de veiller sur ceux qui passent le portail du centre … Il intervient si un de ces petits a des soucis graves de santé  et surveille la scolarité des enfants des femmes alphabétisées dans les différents centres gérés par l’association. Dans les cas problématiques, il ne manque pas de nous alerter et à 4000 km de Ouaga, nous nous mettons en quête des moyens qui lui font alors défaut …

Nous avions demandé, il y a quelques temps, à Antoine Sawadogo, Trésorier de ZOODO-Burkina et Conseiller-technique à mi-temps des grands-mères de Zongo de nous faire un bilan de ses interventions. Nous utilisons des photos  des mois de janvier et avril 2010 puisqu’Antoine n’a pas pu télécharger les photos qu’il avait prises pour l’occasion.

P1050930.JPG

L’état burkinabè condamne le bannissement et aide les femmes convaincues de sorcellerie dans leurs villages et chassées par leurs familles, à subsister sans le soutien de leurs proches. Encore faudrait-il qu’elles soient alphabétisées et qu’elles aient des moyens de locomotion pour aller faire la queue dans les bureaux de l’aide sociale à Ouagadougou. C’est donc Antoine qui constitue des dossiers et qui les représente auprès de l’administration.

« Chers partenaires
C’est avec grand plaisir que je vous écris pour vous faire le rapport sur les subventions reçues aux bénéfices des femmes âgées et veuves vivant dans des conditions déplorables organisées au sein de ABFAV.
Dans le courant de l’année 2010 , nous avons pu obtenir des aides en nature et en argent par ZOODO , EERCO , Action sociale de la Mairie de Boulmiougou pour améliorer l’atelier de production de soumbala. » La production de cette épice fermentée constitue l’activité génératrice de revenus de la communauté.
PC142044.JPG
PC142045bis.JPG

ZOODO pour l’aide humanitaire des familles au Burkina Faso
Nous avons reçu de Zoodo une somme de 45 850 fcfa le 17 04 2010, ce qui nous a permis de mettre à la disposition de la présidente un téléphone portable, achat d’une grande marmite n°30 pour la transformation du soumbala et la réalisation d’un hangar en paille pour abriter les membres.
100 kg de riz : 34 000
100 kg de maïs :12 000
Portable : 12 500
Marmite  : 20 000
Hangar  : 12 500
total :91 000 fcfa
P1070289.JPG

Action sociale de la Mairie de Boulmiougou
Le 10 05 2010 l’action sociale de la Mairie de Boulmiuogou a doté en nature à ABFAV, une grande marmite n° 30 et 05 nattes pour une contribution de développement de ABFAV.
valeur des dons
Marmite : 20 000
Nattes 2 500 fois 5 : 12 500
total  : 32 500 fcfa
Eglise Evangelique Réformée de la Communauté de Ouadougou (EERCO)
par son activité de solidarité aux personnes handicapées en collaboration avec l’Eglise Coréenne au Burkina, l’ABFAV a bénéficié de 50 kg de riz pour distribuer aux personnes handicapées membres de l’association
Valeur de 50kg  : 15 000 fcfa
Subvention totale reçue :  91 000+32 500+15 000  : 138 500 fcfa (210 €)
Nous vous ferons suivre les photos prochainement puisque il y a problème de téléchargement des vues sur l’appareil numérique.
Pour les élections présidentielles postulées à l’horizon (mois d’octobre), femmes jeunes et vieilles du village de Zongo sont tourmentées par les multiples flatteries de ces politiciens. Elles sont vouées à la pratique d’innombrables défilés de campagne. Soit disant que la première dame du Faso Mme Chantal Compaoré à coup de bâton magique pourrait changer leur situation de précarité et de pauvreté. A couse de la faim des temps d’hivernage, les femmes demeurent dans la faim, chose qui les pousse à aller vers ces politiciens pour écouter les beaux discours qui ne seront jamais tenus.
Nous en tant que agents humanitaires avons le coeur triste au vu de toutes ces pratiques néfastes qui viennent nuire aux différents élans de développement engagés depuis la conjugaison des efforts des personnes de bonne volonté comme ZOODO qui lutte toujours au coté de ces populations de femmes jeunes et vieilles pour faire avancer et changer les choses au quotidien.
Dans l’objectif de relever le défi nous lançons un SOS pour lutter contre l’érosion du capital humain (faim chronique) .
Merci pour le bien fait ,
SAWADOGO Antoine
Conseiller Technique ABFAV »
GRANDS MÈRES ABFAV 1.JPG
GRANDS MÈRES ZONGO 2.JPG