Dans la société précoloniale du Burkina Faso, la terre était une propriété collective dont la gestion déléguée incombait au Tengsoba, l’administrateur de la terre, missionné divin. La terre ne pouvait être sujette à une appropriation privative. Héritage communautaire, elle n’était jamais vendue mais prêtée. Le Moagha se considère usufruitier de la terre, le véritable propriétaire étant le créateur de l’univers.
Notre principal interlocuteur est le Samb Naaba, Chef des étrangers. Il est issu de la noblesse (Nakomsé). Présent lors de chaque moment clé du centre Bangr Zaandé, il est à la fois attentif, bienveillant et prêt à nous assister en cas de besoin.

Au hasard de migrations, des milliers de pauvres gens arrivés de partout et de nulle part, ont demandé à s’installer sur les terres du village.
Des habitations se sont construites de façon de plus en plus anarchique au fil des années…
Pour les autorités de Zongo la mission de préserver les traditions et le lien social constitue des responsabilités toujours plus diificiles à assumer. Le Chef de Zongo, Teng Naaba, offre son soutien aux associations qui , comme la nôtre, tentent d’améliorer le sort des habitants du village.
Dès la mi mars, Jacky nous avait envoyé des photos et nous savions que « l’équipe élargie » s’activait à la préparation de cette journée, planifiée avec l’assocaition burkinabée de lutte contre le SIDA, lors de notre séjour du mois de janvier.
Rosine Bayala, Secrétaire du Bureau permanent, et son équipe étaient au rendez-vous: comment se passer de leur soutien technique ?
Les habitants de Zongo avaient été conviés en bonne et dûe forme:
« Association Zóodo
Pour l’aide humanitaire aux familles du Burkina-Faso
70.79.41.26
Ouagadougou le 30/03/10
INVITATION
Dans le cadre de la lutte contre le SIDA (VIH) et les IST, l’association Zóodo pour l’aide humanitaire aux familles du Burkina-Faso, organise une journée d’information et de sensibilisation du public sur le SIDA et ses modes de transmissions au Centre Bangre Zandé (CBZ), le 5 avril de 10 à 20 heures à Zongo (Côté sud de Saint Dominique)
Thème : La cause du SIDA me concerne…et toi !
« SIDA wâ yella pa ka maam la foo »
Vous êtes tous invités à prendre part à la journée afin de bénéficier d’une large connaissance sur le SIDA et les IST.
La journée sera riche en causeries et débats. Une projection de films sera organisée.
Merci pour votre participation.
Le Coordinateur de Zóodo Burkina
Antoine Onadja Maldia »
Des moyens techniques avaient été mis à disposition et le jour J, une nombreuse assistance a pu recevoir des informations claires et complètes; à même d’éclairer et de marquer durablement les esprits, pensons nous !
Une information adaptée a été prodiguée aux enfants aussi :
Antoine sait d’expérience qu’il ne faut pas espérer intéresser les habitants de Zongo sans repas à la clé ….. Les participants ont pu calmer leur faim au cours d’un repas, préparé par le personnel féminin du centre, avec au menu du riz et du poisson des jours de fêtes.
Après le repas, les équipements ont été déplacés à l’extérieur de l’enceinte du centre,
et les programmes éducatifs et de sensibilisation se sont succédés ….
jusqu’à une heure avancée de la nuit.
Au fil des mois de fonctionnement nos objectifs premiers des tout débuts du centre (2007-2008), se concrétisent : la cause du développement, celle du progrès social et humain avancent de façon décisive à Zongo. Nous n’y serions pas arrivés sans vous. MERCI DE VOTRE AIDE !
Dans l’organisation de la vie des villages, les femmes détiennent un rôle déterminant en matière d’équilibre social.

Leurs attributions, leur rôle, leurs domaines de compétences sont régis par un code compliqué de comportements ancestraux lié à leur qualité de première, de deuxième, de troisième épouse, d’épouse de chef, de soeur aînée etc. Pour bien comprendre la place qu’occupe la femme dans la société traditionnelle burkinabée, il faut savoir que de tous temps les hommes ont été polygames. Actuellement, une femme mariée sur deux vit dans un ménage polygame. Si la monogamie est entrée dans les moeurs occidentalisées des citadins, elle reste la règle en brousse dans les familles animistes et musulmanes. A l’instar d’une cinquantaine d’autres pays dans le monde la polygamie est reconnue par la loi du Burkina Faso.
Dans les mariages arrangés, les femmes semblent s’accommoder tant bien que mal des co-épouses avec lesquelles elles partagent les lourdes tâches ménagères de la concession familiale. Ainsi à tour de rôle les femmes préparent le repas du mari qui passera la nuit avec celle qui est de corvée de cuisine. Cette vie maritale n’est pourtant pas de tout repos pour l’homme : si ses épouses ne s’entendent pas et se jalousent, elles lui organisent une vie d’enfer et si elles sont complices, elles le dupent et son autorité est mise à mal….
La femme burkinabé joue un rôle économique fondamental. Elle est vaillante, prévoyante et organisée. Qualités qui en font un pilier de la société, tant au niveau de sa famille ou de son clan que dans les domaines de la production et du commerce.



Quand des cours d’alphabétisation leur sont proposés, les femmes se montrent plus motivées et empressées à y assister que leurs maris. Leur courage et leur détermination forcent l’admiration des Européens qui les rencontrent. Générer du développement en faveur de leur émancipation est un travail gratifiant : Antoine Onadja et Ousmane Sanga, qui sont au service de cette cause, en témoignent eux aussi.

Partageant cet idéal de développement social, nous désirons être solidaires de ses projets et attachions beaucoup d’importance, pendant notre séjour, à la visite de l’école.
Dans les écoles privées, c’est le fondateur de l’établissement, qui est garant de son fonctionnement, qui gère l’enseignement avec la participation des associations et du village. Pour l’instant, 19 enfants fréquentent la classe unique de CP de l’école St Clément.
Rosalie part régulièrement assister au début des cours et s’inquiète des absences. En chemin elle fait un détour par les terrains de jeux du village et elle conduit en classe les petits décidés à faire l’école buissonière ….
D’ici 2011, Rosalie construira pour Idrissa un logement de fonction dans l’enceinte de l’école. En attendant, elle le loge chez elle. Idrissa fait les longs trajets pour se rendre à Zactouli 6 jours sur 7 à vélo : lever 5 h, retour 19 h. Le temps libre de cet enseignant exemplaire est occupé par la préparation des cours. Il s’accorde quelques heures de distraction le samedi après-midi et le samedi soir. Il reprend son travail de préparation dès le dimanche après-midi.
que mal d’oublier les circonstances qui ont provoqué leur exclusion totale et définitive de leurs familles pour les quelles elles n’existent plus …
Et puis Antoine Sawadogo ne perd aucune occasion pour les ravitailler ….

Depuis janvier 2009 les grand-mères de Zongo ont une amie fidèle, Natacha Kouman Rigal, artiste burkinabée mariée en France Secrétaire Adjointe du Bureau de l’association. Elle a été touchée par leur misère, lors d’un séjour dans sa famille à Ouaga et elle est devenue leur marraine et organise des spectacles à leur profit.
Goama a adopté une fille européenne en mai 2009…. Je ne fais, ce soir, que remplir mes devoirs envers elle….