La note de cette semaine a été rédigée par Antoine Onadja Maldia, Coordonnateur des Centres d’alphabétisation. Il vous propose de poursuivre l’article sur la condition des enfants de la semaine passée.

« Zongo le 5 /5/2010

ANALYSE DU CONTEXTE

1. Bref aperçu du village de ZONGO

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Zongo est l’un des quatre villages de l’arrondissement de Boulmiougou dans la commune de Ouagadougou.

Il est situé à l’ouest de l’arrondissement de Boulmiougou sur l’axe Ouagadougou – Bobo-Dioulasso.

Il est limité :

-au nord par l’arrondissement de Signonghin

-au sud – ouest par le village de Zagtouli, Boanssa et Sandogo

-à l’est par le secteur n° 18 de l’arrondissement de Boulmiougou.

La zone était jadis, un grand village autour de la ville de Ouagadougou où les populations pratiquaient l’agriculture et l’élevage pour assurer leur souveraineté alimentaire.

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  1. Problématique

En raison de l’occupation anarchique des zones de culture et de la spéculation foncière, depuis ces 20 dernières années ; le village de Zongo a été morcelé par des propriétaires terriens pour être attribué aux demandeurx de parcelles non loties moins nantis, qui ne pouvaitent plus supporter les frais de location des maisons en ville.

 

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Quelques années plus tard les habitants du village de Zongo se sont retrouvés sans argent, sans terre cultivable et n’ont pas pu véritablement lutter contre la pauvreté, la misère, la faim à partir des ressources financières obtenues grâce à la spéculation sur les parcelles de la zone.

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C’est ainsi que les populations de cette localité, ne disposant plus de moyens, sont confrontées aux problèmes de santé, d’éducation de leurs enfants etc.…

Il est important de signaler que pour diverses raisons, les ménages réguliers se disloquent et les enfants subissent le choc, surtout quand ils sont appelés à vivre auprès de l’un des deux parents sans moyen ; et le cas des couples sans lien de mariage se séparent avec des enfants dont la charge n’est pas définie.

 

3. En dépit des efforts consentis par l’Etat pour implanter des écoles primaires publiques au Burkina-Faso, de nombreux enfants manquent de place dans ces écoles tandis que les écoles privées sont inaccessibles.

En raison donc de la précarité de la situation de la plupart des enfants défavorisés, notre centre a décidé depuis sa création d’assurer la prise en charge des orphelins et des enfants vulnérables.

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4. LES MISSIONS DU CENTRE

Le centre vise essentiellement à conduire des activités d’intérêt public axées sur la préparation de l’avenir de très nombreux enfants compromis par la situation d’extrême pauvreté de leurs parents.

Ainsi trois 3 actions seront développées au niveau de notre centre.

  • Première action : l’éducation primaire classique du CP1 au CM2

  • Deuxième action : prise en charge psychosociale et économique des élèves orphelins et enfants vulnérables.

  • Troisième action : la sensibilisation sur le VIH SIDA et les IST afin de prévenir et de protéger les élèves des méfaits de ces maladies

 

CONCLUSION

Par le présent projet, le Centre Bangre Zaandé a la vocation principale de faciliter l’accès des orphelins et  des enfants vulnérables à l’école et de mettre l’accent sur l’éducation des filles. Il espère atteindre ces nobles objectifs dans une localité ou plus de 60 pour cent des enfants ne vont pas à l’école par manque de possibilités.

 

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Ce centre a besoin du soutien de toutes les personnes morales ou physiques de bonne volonté pour remplir sa mission.

Aussi, le centre lance un appel pressant aux structures étatiques, aux organismes, aux ONG, aux institutions nationales et internationales, aux représentations diplomatiques et aux opérateurs économiques pour  nous aider à réaliser ce projet.

Antoine Onadja Maldia,

Coordonnateur Zoodo Burkina »

Webmaster le 30/04/2010

D’après l’Organisation Internationale du Travail, au Burkina Faso, un peu plus de 51 % des enfants de 10 à 14 ans travaillent bien que le code du travail du pays interdise le travail des enfants de moins de 14 ans et 41% des enfants de 5 à 14 ans participent à une activité économique.

L’étude montre que la proportion des enfants de 5 à 14 ans actifs est nettement supérieure dans les familles pauvres qui introduisent leurs enfants prématurément  sur le marché du travail. En même temps, les privations réduisent la probabilité de scolarisation  et la fréquentation scolaire. Dans ces familles, les sentiments d’échec et de culpabilité face à la situation de leurs enfants prédominent.

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Autres facteurs handicapants, les traditions ancestrales et la division sexuelle du travail qui placent la fille et la femme en situation d’infériorité et limitent leur disponibilité pour les activités d’éducation et de formation.

Le poids des traditions confère à la fille, future femme, un statut social que l’on croit incompatible avec l’école. A la femme s’associent généralement les images du foyer, des enfants. Pour certains, la mère constitue une école pour la fille, elle n’a donc pas besoin d’aller à l’école du Nassara (du Blanc).

Les communautés perçoivent l’école comme une institution qui influence négativement les enfants et particulièrement les filles, en leur inculquant des attitudes d’antagonistes envers la culture de leurs parents. Pour de nombreuses familles, l’éducation scolaire provoque chez les enfants, particulièrement les filles, un changement de comportement qui menace le maintient de  l’ordre social fondé sur la primauté de l’homme sur la femme et de la communauté sur l’individu, la préférence culturelle des garçons, car dit on, c’est lui qui va perpétuer la famille .

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Antoine Onadja, Coordonnateur des centres, veille. Il s’efforce de convaincre les mères de famille qui fréquentent les différents centres gérés par l’association, de rendre leurs avenirs  à leurs enfants en les inscrivant à l’école. Il s’efforce d’accompagner les familles lors  des formalités d’inscription et négocie des arrangements financiers avec la direction des écoles.
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Webmaster le 22/04/2010
Si l’accueil réservé au visiteur étranger est toujours chaleureux, les Mossis* restent discrets sur les valeurs patriarcales séculaires auxquelles ils restent fidèles. A notre arrivée à Zongo, nous nous demandions, Jean-Marc et moi, pourquoi nous serions immiscés dans des coutumes et une culture ancestrales qui ne sont pas les nôtres. Il valait mieux ne rien précipiter et gagner la confiance des villageois et des autorités de Zongo.
Nos séjours répétés favorisent un discernement un peu empirique de ces valeurs et traditions. Nous avons été présentés dès 2008 aux Chefs de Zongo, le premier, le Teng Naaba est le Chef de la terre, il exerce un pouvoir politique. Enseignant de profession, le Chef de Zongo est un sage qui semble réaliser et accomplir la synthèse entre la tradition et les aspects bénéfiques du développement au service du village et de ses habitants.
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Le second chef est Le Tengsoba, propriétaire de la terre. Il est le descendant des premiers occupants de la terre et un des héritiers des chefs vaincus par les mossis au XIV ème siècle.

Dans la société précoloniale du Burkina Faso, la terre était une propriété collective dont la gestion déléguée incombait au Tengsoba, l’administrateur de la terre, missionné divin. La terre ne pouvait être sujette à une appropriation privative. Héritage communautaire,  elle n’était jamais vendue mais prêtée. Le Moagha se considère usufruitier de la terre, le véritable propriétaire étant le créateur de l’univers.

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Notre principal interlocuteur est le Samb Naaba, Chef des étrangers. Il est issu de la noblesse (Nakomsé). Présent lors de chaque moment clé du centre Bangr Zaandé, il est à la fois attentif, bienveillant et prêt à nous assister en cas de besoin.

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En raison du dénuement extrême dans lequel vivent les villageois, ce respect des racines et des traditions ancestrales constituent un ciment précieux pour l’ensemble de la communauté dont il préserve la dignité et la cohésion.
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Avant les années 60, Zongo était un village du plateau mossi comme tant d’autres.
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A partir des années 70, le village a été victime de sa proximité de Ouagadougou.  Autour de ce mégacentre urbain, une dramatique pénurie a succédé à l’abondance d’espaces d’autrefois.

Au hasard de migrations, des milliers de pauvres gens arrivés de partout et de nulle part, ont demandé à s’installer sur les terres du village.

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Des centaines de familles sont venues solliciter des concessions : comment refuser un lopin de terre à ces frères et soeurs dans le besoin ?

Des habitations se sont construites de façon de plus en plus anarchique au fil des années…

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Pour les autorités de Zongo la mission de préserver les traditions et le lien social constitue des responsabilités toujours plus diificiles à assumer. Le  Chef  de Zongo, Teng Naaba, offre son soutien aux associations qui , comme la nôtre, tentent d’améliorer le sort des habitants du village.

A côté du pouvoir coutumier, une administration et un pouvoir politique calqués sur les nôtres se sont développés sur l’impulsion  des  colons Français présents en Haute-Volta de 1898 à 1960. Le sol est devenu, depuis 1983, propriété de l’état. Nous notons que le Tengsoba de Zongo est membre de la commission municipale d’urbanisme qui tente de résorber la prolifération des habitats spontanés en lôtissant progressivement le secteur.
Les familles nécessiteuses feront les frais du lôtissement prochain de Zongo car elles se retrouveront sous peu, à nouveau contraintes d’aller construire plus loin leurs logements de fortune… Comment les suivre ?
* Mossi : dénomination francisée du peuple majoritaire du Burkina Faso (environ 7 000 000 de personnes). Le nom correct étant Moagha au singulier et Moosé au pluriel.

Dès la mi mars, Jacky nous avait envoyé des photos et nous savions que « l’équipe élargie » s’activait à la préparation de cette journée, planifiée avec l’assocaition burkinabée de lutte contre le SIDA, lors de notre séjour du mois de janvier.

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Rosine Bayala, Secrétaire du Bureau permanent, et son équipe étaient au rendez-vous: comment se passer de leur soutien technique ?

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Les habitants de Zongo avaient été conviés en bonne et dûe forme:

« Association Zóodo

Pour l’aide humanitaire aux familles du Burkina-Faso

70.79.41.26

Ouagadougou le 30/03/10

 

INVITATION


Dans le cadre de la lutte contre le SIDA (VIH) et les IST, l’association Zóodo pour l’aide humanitaire aux familles du Burkina-Faso, organise une journée d’information et de sensibilisation du public sur le SIDA et ses modes de transmissions au Centre Bangre Zandé (CBZ), le 5 avril de 10 à 20 heures à Zongo (Côté sud de Saint Dominique)

Thème : La cause du SIDA me concerne…et toi !

« SIDA wâ yella pa ka maam la foo »

 

Vous êtes tous invités à prendre part à la journée afin de bénéficier d’une large connaissance sur le SIDA et les IST.

La journée sera riche en causeries et débats. Une projection de films sera organisée.

Merci pour votre participation.

 

Le Coordinateur de Zóodo Burkina

Antoine Onadja Maldia »

 

Des moyens techniques avaient été mis à disposition et le jour J, une nombreuse assistance a pu recevoir des informations claires et complètes; à même d’éclairer et de marquer durablement les esprits, pensons nous !

 

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Une information adaptée a été prodiguée aux enfants aussi :

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Antoine sait d’expérience qu’il ne faut pas espérer intéresser les habitants de Zongo sans repas à la clé ….. Les participants ont pu calmer leur faim au cours d’un repas, préparé par le personnel féminin du centre, avec au menu du riz et du poisson des jours de fêtes.

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Après le repas, les équipements  ont été déplacés à l’extérieur de l’enceinte du centre,

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et les programmes éducatifs et de sensibilisation se sont succédés ….

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jusqu’à une heure avancée de la nuit.

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Au fil des mois de fonctionnement nos objectifs premiers des tout débuts du centre (2007-2008), se concrétisent : la cause du développement, celle du progrès social et humain avancent de façon décisive à Zongo. Nous n’y serions pas arrivés sans vous. MERCI DE VOTRE AIDE !

Dans l’organisation de la vie des villages, les femmes détiennent un rôle déterminant en matière d’équilibre social.

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Leurs attributions, leur rôle, leurs domaines de compétences sont régis par un code compliqué de comportements ancestraux lié à leur qualité de première, de deuxième, de troisième épouse, d’épouse de chef, de soeur aînée etc. Pour bien comprendre la place qu’occupe la femme dans la société traditionnelle burkinabée, il faut savoir que de tous temps les hommes ont été polygames. Actuellement, une femme  mariée sur deux vit dans un ménage polygame. Si la monogamie est entrée dans les moeurs occidentalisées des citadins, elle reste la règle en brousse dans les familles animistes et musulmanes. A l’instar d’une cinquantaine d’autres pays dans le monde la polygamie est reconnue par la loi du Burkina Faso.

Dans les mariages arrangés, les femmes semblent s’accommoder tant bien que mal des co-épouses avec lesquelles elles partagent les lourdes tâches ménagères de la concession familiale. Ainsi à tour de rôle les femmes préparent le repas du mari qui passera la nuit avec celle qui est de corvée de cuisine. Cette vie maritale n’est pourtant pas de tout repos pour l’homme : si ses épouses ne s’entendent pas et se jalousent, elles lui organisent une vie d’enfer et si elles sont complices, elles le dupent et son autorité est mise à mal….

La femme burkinabé joue un rôle économique fondamental. Elle est vaillante, prévoyante et organisée. Qualités qui en font un pilier de la société, tant au niveau de sa famille ou de son clan que dans les domaines de la production et du commerce.

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Tous les travaux ménagers incombent à la femme : chercher l’eau
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Chercher le bois de chauffe qui exige parfois de parcourir plusieurs voire des dizaines de kilomètres,
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Préparer les repas,
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Laver la vaisselle et le linge,
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S’occuper des enfants en bas âge.
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En plus, elle vend dans les marchés souvent éloignés du village
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et durant l’hivernage, participe au travaux des champs.
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Quand des cours d’alphabétisation leur sont proposés, les femmes se montrent plus motivées et empressées à y assister que leurs maris. Leur courage et leur détermination forcent l’admiration des Européens qui les rencontrent. Générer du développement en faveur de leur émancipation est un travail gratifiant : Antoine Onadja et Ousmane Sanga, qui sont au service de cette cause, en témoignent eux aussi.

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