« Nouveau départ, celui là entièrement touristique …
Notre coordinateur, au courant de notre désir de visiter son pays, se débrouille cette fois pour nous trouver un 4/4; découvert à l’arrière avec chauffeur. Nous partons donc avec Augustin comme Accompagnateur et comme il nous dit qu’il aimerait être guide touristique, on va lui laisser prendre des initiatives …
Mohamed est chauffeur .
Direction au Sud de Ouagadougou vers la Réserve de Nazinga en passant par Pô, Tiebélé le lendemain.
Tout cela sur la carte ne parait pas trop loin mais comme très peu de routes sont goudronnées, en temps, nous en avons bien pour 3 jours.
Paysages différents, nous sommes dans le pays du coton, aussi nous nous arrêtons pour voir ces grands tas de cotons que les hommes jeunes et moins jeunes amassent dans les camions.
On les prend en photos mais ils nous disent avoir faim et voudraient une pièce. C’est bien la 1ère fois que je vois des enfants jouer dans du coton … C’est amusant … J’en profite pour dire que le Burkina -Faso est le 2ème pays Africain producteur de coton.
Et toujours sur ces routes des camions, des taxis collectifs, des bus, qui roulent ou sont en panne, cassés, surchargés … Des hommes , des animaux , de la marchandise, des animaux , des mobylettes sur le toit …
Et toujours ces traversées d’animaux : poules , ânes , pintades, cochons, biquettes …
Mohamed, le chauffeur, nous dit que si l’on tue un chien, il ne faut pas regarder en arrière, sinon on sera mort d’ici la fin de la soirée .. alors on veille et surveille …et on ne s’ennuie pas …
Au bord de la route, toujours des petits villages et des femmes qui vendent des légumes .. des fruits, de la nourriture .. des grands arbres magnifiques de ci de là.
Plus loin on s’arrête aussi au bord de la route pour voir 3 hommes qui partagent un âne en son milieu … La scène est lugubre … mais à voir, plus loin un âne mort commence a être dévoré par les vautours!
Nous mangeons à Pô, puis direction la Réserve .. C’est Augustin qui négocie pour l’entrée dans la réserve … C’est le métier qui commence ..
Nous décidons d’aller passer une nuit au coeur de la Réserve, à 45 km d’ici dans un appartement pour trois, et on fera la visite de la réserve le lendemain matin à 6h. Chouette! En partant, on prend avec nous, un homme qui vend de l’artisanat dans le réserve et je le trouve beau !
Dès les premiers kilomètres, la chance est avec nous, des Eléphants sont là !!!!
Vaouhhh!!! Excitations ! Photos ! Que le monde est beau !

Et jusqu’à l’arrivée au centre nous verrons d’autres animaux …
Le soir nous dormons dans un gîte au confort sommaire, ciel très étoilé .. électricité coupée à partir de 9h du soir.
Le lendemain matin, journée inoubliable … On part avec un jeune guide, sur les pistes …. éléphants, phacochères, gazelles, oiseaux … ils sont là, tellement confondus dans les hautes herbes aux couleurs proches de leurs pelage que si le guide n’était pas là nous ne les verrions pas.
De retour au centre de la réserve, on passe deux heures dans la détente à voir les éléphants se baigner dans l’étendue d’eau … C’est du bonheur ! »
Suzanne

« Mon voyage au BF a été un voyage super, je le dis maintenant, mais sur le terrain, c’était pas gagné d’avance … .
D’abord, le climat, la chaleur, la poussière, le peu de nourriture, nos intestins … Leur façon de vivre, surtout au niveau de la gestion du temps, de la pensée et des traditions…
A l’aéroport, nos 3 accompagnateurs Antoine Onadja, Antoine Sawadogo et Augustin, nous attendaient et nous ont accueillies chaleureusement. Tout le long du séjour , ils nous ont accompagnées. Le président de leur pays avait demandé à ce que tous les humanitaires soient accompagnés, pour la réputation de son pays … Et cela a bien été fait pour nous.
On avait bien besoin d’eux, pour la traduction, pour négocier les prix pour qu’ils nous mettent au courant des traditions et coutumes d’accueil dans leur pays …
Les premiers jours, nous sommes restées sur Zongo, dans la banlieue de Ouagadougou …
En fait Zongo est comme un bidonville, voire un squat, où vivent des exclus et entre autre des rapatriés de la Côte d’Ivoire, qui ont tout perdu là -bas.
A Zongo, on y perd son énergie, tant ces personnes, ces familles sont pour la plupart déracinées .. et tant ce lieu et ses habitants sont laissés pour compte par leur pays …
C’est là où habitent Lucie et Ismaël, la jeune Maman que je parraine avec son enfant.
J’ai fait sa rencontre le 1er jour, où, nous avons été bien accueillies pas le centre de Zongo, avec des chants. J’ai offert pour ce village de Lucie un sac de riz de 50 kg que nous avons cuisinés, selon la recette du « riz gras », avec nos amies Burkinabées.
Il y en a eu pour tout le monde, petits et grands …

Ma rencontre avec Lucie et Ismaël a été un moment fort en émotion. On se regarde, on se sourit … Je lui remplis les bras de cadeaux, Ismaël est ravi de recevoir des mobiles, comme ils disent, des crayons, des livres.
Lucie était peut-être intimidée, mais, au fil de notre séjour, sourires, échanges, confidences et complicité ont ensoleillé nos relations.
Les derniers jours, Lucie m’a fait visiter sa maison et m’a présenté sa Maman.
Je lui ai proposé de l’emmener au restaurant, mais elle a préféré que je lui offre un sac de riz pour sa famille, car cette année, en raison de la sécheresse les prix sont élevés.
Je n’ai pas beaucoup vu Ismaël, car sa Maman, l’a inscrit dans une école maternelle, située assez loin de Zongo.
Je le trouve adorable sur cette photo où il est entrain d’écrire, sur son cahier avec le stylo, que je viens de lui offrir. Bravo, Ismaël ! Tu as dejà compris que le savoir pourra t’aider à avancer dans ta vie … et tu y mets tout ton coeur !
Quant à toi, Lucie, je pense souvent à toi. Je salue en toi, le courage de toutes ces mamans Africaines … qui ont la vie bien plus rude que chez nous.
Tu es si jeune, si belle, si positive …..

Je suis heureuse que tant d’amitié et d’échanges aient pu naître entre nous deux …
A bientôt Lucie et Ismaël ! « Et que Dieu vous bénisse » … comme on le dit chez vous …
« Et tout l’amour du monde » …. comme on le dit chez nous. On se reverra, je l’espère …
Suzanne
Mireille et sa compagne de voyage Suzanne ont sympathisé avec l’équipe du Centre Bangr Zaandé (CBZ) du centre de Zongo :
« L’équipe de Zoodo est formidable. Ce sont des femmes dévouées, dynamiques et pleines de bon sens. J’ai passé de forts bons moments avec elles ainsi que de bonnes rigolades.
Elles ont un savoir faire que nous n’avons pas et bien sûr, qui les amuse, quand on veut les aider…. Et si en plus vous leur dites un mot ou deux en mooré, elles sont ravies et vous voilà Burkinabée…d’adoption. Pour moi, ce fut un grand honneur et cela veut tout dire….

Je ne les ai pas vues enseigner car c’était la période des corrections d’évaluations pour le passage en cours supérieur mais certains soirs les jeunes filles de « l’Ecole de la deuxième chance »sont venues au CBZ réviser avec leur responsable Fatimata, un soir ce fut les multiplications.
Le taux de réussite scolaire est très satisfaisant et encourageant, pour elles, leurs enseignantes et nous qui les aidons… de loin.
Aminata, Mahimounata, Lucie, Mamounata et Augustine. Je n’oublierai pas votre équipe, vous êtes des femmes généreuses ! »
Mireille
Tags: alphabétisation des femmes Burkina Faso, Centre social secteur non loti Ouagadougou
Aujourd’hui, Mireille nous livre d’autres impressions de son voyage au Burkina Faso :
« Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je vais vous parler des femmes de Zongo.
Les femmes de Zongo sont agréables, chaleureuses et très courageuses, voilà déjà ma toute première impression.
En traversant Zongo à pieds nous avons eu beaucoup de sourires de salutations, de petits coucous de leur part. Si vous leur portez un minimum d’attention, de respect envers elles, vous obtenez leur confiance et alors leur grand plaisir est d’être photographiées.
Du matin au soir, pour ce que j’ai pu voir, elles sont en activité, elles cuisent, vendent quelques beignets ou autre, toute la journée sous un soleil de plomb…, tissent, filent, transportent du bois, portent les enfants, s’en occupent les transportent à l’école …

Je ne sais pas comment elles font avec si peu de moyens et un seul repas par jour pour se nourrir mais elles ont du mérite. »
Mireille parraine depuis 2009 Appolinaire, petit non-voyant de Zongo pour qui elle paie, avec une autre adhérente Isabelle, la scolarité en pension complète dans une des seules écoles en braille du pays. Le souvenir de ses rencontres avec Appo resteront les temps forts de son voyage. Elle s’y préparait depuis de longs mois.
« Donc j’ai fait la connaissance d’Appo, quand c’est arrivé, j’étais occupée au C B Z de Zongo et on me dit : Appo est là, je me retourne et je vois ce petit bonhomme en costume traditionnel avec sa Maman, pour moi, ce fut un moment d’émotion très intense… Enfin le rencontrer, il y eut un temps d’adaptation et les jours suivants il me retrouvait avec plaisir, me prenait la main…. Ce fut du bonheur.
Appolinaire a très soif !
Mireille avait préparé sa venue à l’école en braille gérée par l’ABPAM : Association burkinabé pour la promotion des aveugles et mal voyants.
La Directrice de l’Ecole des Jeunes Aveugles, Madame Suzanne Tapsoba, a été heureuse de recevoir trois ouvrages en braille destinés aux enfants de l’école plus avancés dans leurs études.
Appolinaire a reçu des jouets d’éveil dont profiteront aussi ses camarades de classe.

Mireille s’est assise à ses côtés pour les lui faire découvrir et suivre à ses côtés les leçons du jour.
« Sa maman aussi était très réservée le premier jour mais plus détendue par la suite, avant mon départ, elle m’a offert 2 calebasses, une noire et une blanche(nature)… tout un symbole quand on connaît l’importance de la calebasse pour eux… »
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De la visite de Mireille dans son pays, Appolinaire garde un harmonica, cadeau d’adieu de Mireille. Il n’est pas prêt d’oublier sa marraine de France ….









































