« Chers partenaires
Nous avons l’honneur de vous envoyer des photos de la production du Soumbala que notre association a soutenue en partenariat avec ASPROD-ZOODO 120 000 fcfa soit 2 sacs de 100 kg de graine de néré au bénéfice des grand-mères de l’ABFAV, association qui accueille des femmes bannies de leurs villages à Zongo.
L’activité engendre peu de bénéfices par le manque de matériel de production et de transformation. Le manque de pluie de la saison dernière a occasionné la hausse des prix des graines de néré (notre matière première) qui ont tendance à manquer sur le marché.
Les grand-mères arrivent à vendre le soumbala malgré la hausse des prix des graines mais avec un maigre bénéfice. Peu vaut mieux que rien, disent-elles !
Notre atelier de production de soumbala est composé de 3 groupes de 10 femmes soit 30 femmes. L’activité se déroule chaque semaine sur 3 étapes :
1er jour : préparation des graines pendant une journée
2ème jour : la couverture pour la décomposition
3ème jour : pilage au mortier pour enlever la peau noire de la graine
4ème jour : la fabrication en boules de soumbala
5ème jour : vente de soumbala
6ème jour : vente de soumbala
7ème jour : vente de soumbala
Nous souhaitons organiser un marché culturel des productions locales avec la participation du Député, chef de Laarlé Naaba Tigré (chef coutumier de haut rang et député à l’Assemblée Nationale) et bien d’autres responsables coutumiers et administratifs avec les associations partenaires pour la promotion de nos produits.
Nous vous tiendrons informés de la suite des préparations.
Meilleures salutations
SAWADOGO Antoine
Conseiller technique auprès de l’ABFAV »
* Le soumbala est un condiment alimentaire tiré du fruit du néré, largement consommé au Burkina Faso et dans les pays d’Afrique de l’Ouest.
« Le Burkina Faso a un taux d’alphabétisation officiel de 22%. Ce chiffre est à modérer par le fait que le taux d’alphabétisation correspond à la proportion d’habitants de plus de 15 ans qui savent lire et écrire. Or, plus de la moitié de la population a moins de 15 ans et bénéficie d’une instruction meilleure que celle des aînés. Ce taux d’alphabétisation est aussi à décomposer par sexe puisque deux fois plus d’hommes que de femmes sont alphabétisés.
En outre, il diffère grandement en fonction des communautés. Les chrétiens, du fait de l’aide apportée par les différentes églises, sont plus alphabétisés que les musulmans par exemple. Les communautés nomades, Peulhs et Touaregs principalement, sont de leur côté très peu alphabétisés en raison des traditions et de la nature même du nomadisme.
En outre, l’état Burkinabè a compris l’importance de l’enseignement en langues locales. De plus en plus d’enfants et d’adultes sont alphabétisés dans leur langue maternelle communautaire.
Des livres scolaires en mooré, gourmantché, dioula, peulh ou gourounsi sont de plus en plus souvent édités pour permettre un apprentissage de qualité de l’alphabet et du savoir sans lequel la connaissance du français devient rarement bonne. Dans la même optique d’adaptation de l’enseignement, des écoles pour les sourds, les aveugles ou les handicapés moteurs voient le jour dans les villes avec le soutien financier et logistique d’ONG. »(Source Planète Burkina)
Aussi, sommes-nous vraiment satisfaits quand nous recevons des nouvelles du fin fond de la brousse à l’est du Burkina Faso.
Les élèves du centre de Gomoré, village qui jouxte la ville de Fada N’ Gourma, vont s’installer prochainement dans les nouveaux locaux, construits sur un terrain acquis par l’association début 2011.
Les élèves de Tambougou, centre situé à 17 km de Fada N’ Gourma, viennent de passer leur premier examen officiel. C’est le chef du village qui a eu la mission de décacheter l’enveloppe contenant le sujet du tout premier examen passé dans le village.
Nous remercions Ousmane Sanga et Fatimata Manli pour le travail remarquable qu’ils fournissent depuis plusieurs année au service de l’alphabétisation des adultes en pays gourmantché.
En cette période de disette généralisée à Zongo, Antoine Onadja, Coordinateur des centres, organise des journées à l’attention des enfants parrainés :
« Nous sommes heureux de vous envoyer des photos d’activités de la journée scolaire et pré scolaire au profit des enfants parrainés par les adhérents varois de l’association et les petits frères et sœurs des adolescentes de l’école de la deuxième chance. L’objectif de ces journées est de renforcer le niveau scolaire et pré scolaire des enfants à Zongo. Vous verrez Appolinaire, Azaria, Blandine, Koumbou, Faouzi et d’autres enfants parrainés.
Les enfants reçoivent un repas amélioré.
Nous vous signalons que la crise alimentaire s’intensifie, le gouvernement lance un SOS de lutte contre la faim. La situation était déjà problématique et nous accueillons nos frères maliens qui ont fuit les troubles dans leur pays. Comment allons nous faire, nous qui vivions déjà si précairement ?
Amitiés.
Antoine M Onadja »
»Fidéline, l’une des soeurs d’Antoine, le Coordonnateur de Zóodo-Burkina, nous a invitées chez elle à Fada N’Gourma, pour manger une pintade aux choux et c’est à la fin de ce délicieux repas que nous avons abordé la condition de la femme Burkinabée (en langue mooré on peut écrire: une burkinabé).
Fidéline est infirmière puéricultrice. Avec elle, nous avons parlé de la condition des femmes au Burkina-Faso : alphabétisation, scolarisation, accouchement, péri- mortalité, excision, espacement des naissances…
Au Burkina -Faso, les femmes représentent 52% de la population, mais assurent 60% de la production agricole.
Malgré tous leurs efforts pour accéder au monde du travail les femmes Burkinabés constituent 51,7% des groupes extrêmement pauvres du pays .
Le nombre des difficultés, qui freinent l’épanouissement de la femme Burkinabé, vient en premier lieu du faible niveau d’instruction des filles et des femmes.
Le B. F. a un taux de scolarisation faible et défavorable aux filles.
En 2000/2001 42,7% d’enfants sont scolarisés, soit 33,3% pour les filles, contre 47% pour les garçons ( et seulement environ 13 % des femmes adultes ont été alphabétisées).
La discrimination est due essentiellement aux :
– Traditions
– Mariages précoces et forcés ,
– Insuffisance d’infrastructures des écoles ,
– Eloignement scolaire ,
– Inégalité des tâches dans la famille.
En effet, à travers les contes, les proverbes, l’éducation traditionnelle, la femme n’occupe pas la place la plus favorable.
Petite, la femme doit aider sa mère.
Jeune fille, elle est considérée comme étant en instance de départ (pour mariage ) et continue d’aider au foyer familial, contre très peu d’argent (ou pas du tout) en échange.
Épouse, la femme est une étrangère dans la famille de son mari … A tout moment sa situation matrimoniale peut changer : divorce ou arrivée d’une coépouse, décès de son mari qui lui vaudra d’accepter le « lévirat »(chez les animistes (obligation absolue d’épouser son beau-frère, sous peine d’expulsion du village) .
La femme burkinabé vit souvent ses angoisses et ses frustrations dans une ambiguité statutaire entre sa famille paternelle et celle de son mari.
Toujours première levée, dernière couchée, la femme ne dispose pas de beaucoup de temps, pour aller aux cours d’alphabétisation.
Les petites filles sont impliquées très tôt dans les activités domestiques (corvées d’eau, de bois, garde des enfants, vaisselle etc …) .

On inscrira plus facilement son frère à l’école, qui est toujours payante (beaucoup de familles ne peuvent pas payer) et souvent éloignée du lieu de vie de la famille (fréquemment les enfants parcourent 15 km à pieds aller-retour).
Même si les hommes jouent un rôle important dans la reproduction du système familial, et prennent les décisions importantes du ménage, ils ne participent pas du tout aux tâches ménagères (ils sont agriculteurs pour 83% d’entr’eux ou petits artisans pour une bonne part des autres).
Les femmes sont les seules impliquées dans l’entretien de la famille, l’éducation, l’alimentation et les soins à donner aux enfants ( la moyenne est de 6 enfants, 8 en brousse), après les cultures, le transport de l’eau ou le petit artisanat (souvent tissage).
Les femmes participent aux travaux champêtres dans le champ familial (au Centre, au Nord, ce sont des nomades) et dans les champs de coton (au Sud- Ouest du pays).
C’est à elles que reviennent les tâches clé de la production (semer, repiquer, transporter les récoltes etc). Elles exploitent de plus en plus des lopins de terre personnels pour leurs propres cultures d’arachides, de niébé, de karité, légumes, etc . ou leur propre petit commerce, en ville.
Les produits de cueillettes et leurs transformations ex: fabrication de savons avec le beurre de karité, l’artisanat (tissage du coton, poterie, couture),
l’exploitation et le petit commerce (vente de bois, couture, coiffure, blanchissage, cuisine ambulante, etc.) sont encore dominés par les femmes même si avec la raréfaction des ressources naturelles, les hommes ont tendance à récupérer ces différents domaines.
Il est donc fréquent que les femmes Burkinabé abandonnent les cours d’alphabétisation : écriture, calcul, et lecture, en raison, de ces nombreuses tâches qui leur incombent.
Dans tous les centres que nous avons visités, nous avons ressenti beaucoup d’intérêt et de fierté de la part des femmes pour le suivi régulier des cours d’alphabétisation.
A Tambougou, nous avons été subjuguées par la volonté d’apprendre des femmes dans la « maison du savoir », si bien encadrée par la très lumineuse Fatimata, leur institutrice.
Il y a nécessité de les aider à travers notre association ZÓODO, dans leur progression, dans cet accès à l’instruction qui les rend autonomes, qui leur permet de mieux faire face aux aléas de la vie, de prendre en charge avec plus de clairvoyance : leur santé, leur grossesse, l’espacement des naissances, le respect dû à leur corps, le bien être social et économique de leur famille et une place dans la société, qui reconnaitra enfin leur juste valeur ! Afin qu’elles aussi, aident leurs filles à accéder le plus tôt possible à l’école.
C’est là que, nos échanges d’amitiés, les parrainages, les dons financiers de chacun des adhérents de Zoodo, si modestes soient-ils … Nos voyages au Burkina-Faso pour les rencontrer, les marchés si ardemment pratiqués pour la vente d’artisanat chaque dimanche, par Anne-Marie et Jean-Marc prennent tout leur sens …
Cela s’appelle ZÓODO …. et Il faut y aller pour le voir ! »
Suzanne J
Tags: alphabétisation des femmes-association Zoodo-ZONGO, condition des femmes au Burkina Faso
»Nous repartons ensuite direction Tiébélé. La route est longue et cahotique …
Tiébélé, c’est d’abord un village, mais C’EST surtout la plus grande chefferie du « pays Kassena ».
En 2003, le Ministre de la Culture des Arts et du tourisme du Burkina-Faso Mr M Ouedraogo , annonçait sa volonté de faire classer la Cour Royale de Tiébélé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO .
L’accueil est plutôt dans l’excitation. A notre arrivée, les jeunes se bousculent pour nous faire visiter … Avec Augustin ça clashe! Les jeunes qui ont fondé une association de visite et restauration du lieu se disputent pour être nos guides ….. Ils ont constitué une association pour protéger le site et organiser les visites.
Nous choisissons Christian, comme guide, qui nous dit être un authentique descendant de la « Cour Royale « .
Il se présente à nous dignement, et nous dit que nous ne payerons notre visite, qu’ à la fin, si nous sommes satisfaits de ses explications ! Quelle classe !

Surprenants ces intérieurs, petits mais bien conçus pour y rester, le temps qu’il faudra. Quand l’ennemi ou le lion font le siège… On doit se recroqueviller pour passer d’une pièce à l’autre.
La cuisine est un véritable petit bijou, rien ne manque. La pierre à moudre le grain est là, d’un côté,
de l’autre l’âtre avec une petite cheminée juste au dessus pour aspirer la fumée …
Les calebasses décorées, suspendues dans des filets, sont là aussi.

Surprenantes ces maisons, toutes décorées par les soins des femmes avec des colorants naturels ou du goudron, et qui doivent être refaites tous les 3ans environ, les peintures, en particulier, subissent les dégradations naturelles (pluies, vents, poussières..). Des femmes burkinabées expertes dans l’art de reproduire ces dessins, de les rénover, voire même de les enrichir, acceptent de nous initier à leurs techniques.
Nous sommes dans une auberge, dont les peintures murales ressemblent à celles de la cour royale de Tiebélé … C’est un décor, jamais vu pour nous, agréable…
Nous décidons de dormir dans une chambre aux murs peints avec ces argiles par des femmes …
Nous pouvons dormir sur le toit ou dans la cour. Les toilettes et la douche à seaux d’eaux sont plein ciel ouvert …
Le soir chants et danses aux djembés, pour un groupe belge qui est aussi hébergé ici … »
Suzanne





















































