Depuis notre rencontre, lors de notre dernier séjour au Burkina – Faso, notre amie Sara Sanou-Traoré, nous a sensibilisés aux problèmes sociaux du village de Yagma : une vaste aire ni sûre, ni salubre, réservée aux réfugiés, située à une vingtaine de kilomètres du centre de Ouagadougou. Elle nous a fait part de son travail d’éducatrice au centre Dorcas House situé dans cette zone où les jeunes sont privés de tout. Le centre accueille des jeunes orphelines, leur donne une formation de couturières et les alphabétise ou leur permet de poursuivre leurs études primaires.
Les jeunes parisiens du lycée Le Rebours du XIIIème arrondissement ont été très sensibles à l’extrême précarité de la condition des jeunes de leur âge là-bas à 5505 km de Paris. Pleinement humanistes et enthousiastes, ils ont décidé d’apporter leur concours à un parrainage destiné à des jeunes. Grâce à eux de nouvelles orphelines, venues en priorité de Zongo, vont pouvoir apprendre un métier et améliorer considérablement leurs avenirs. Ils nous ont fait part de leur travail et rédigé un article pour le blog que nous vous joignons : « Nous sommes la classe de Terminale PGA1 du Lycée parisien « Le Rebours ». Nous participons depuis un an à un projet humanitaire avec l’association Zóodo. Dans le cadre de notre formation, nous devons réaliser des projets réels nous permettant de mettre en œuvre nos compétences en communication, gestion et organisation.
L’idée d’agir avec une association humanitaire nous a motivés car nous nous sentions utiles et cela nous permettait de mieux connaître les problèmes d’autres populations. Depuis le début de l’année 2014, nous avons appris à connaître cette association et avons décidé d’adhérer à leur projet car nous croyons en cette cause. Dans le cadre de ce projet pour lequel l’objectif global est de récolter des fonds, nous avons mis en place plusieurs activités. Depuis le mois de mars 2014, après avoir rencontré Jean Marc et Anne Marie Bruel autour d’un super échange et déjeuner, nous avons été en activité intense pour optimiser au mieux notre récolte de fonds jusqu’au 19 décembre, date de la journée des talents (fête annuelle de notre lycée où chaque classe présente ses projets culturels, associatifs, humanitaires ou caritatifs). Les quatre actions autour desquelles nous nous sommes mobilisés ont été : Un vide grenier sur la Butte aux Cailles, dans le 13è arrondissement à Paris en novembre dernier, un bol de riz à la cantine du lycée Une tombola lors de la fête des Talents Une vente de gâteaux pour Noël
Lors du vide grenier nous avons essayé de vendre quelques bijoux confiés par Zoodo, mais surtout des vêtements et livres donnés par diverses personnes de notre entourage au profit de l’association. Malgré la pluie intense que nous avons subi ce jour là, nous avons, contre vents et marées, résisté de 7h30 à 18h un dimanche afin de constituer une première cagnotte de 160€. Lors de la journée bol de riz du lycée, les personnes mangeant à la cantine choisissaient un ticket de couleur différente selon l’action à laquelle ils souhaitaient participer par leur repas. Notre classe a remporté la plus grosse partie ce jour là avec 57€ pour Zoodo, contre 45 et 43 pour les autres actions des autres classes. Nous avons créé une page Facebook afin d’aider la vente des bijoux avant le 19 décembre. La tombola, pour laquelle nous avons récolté de nombreux lots auprès de plusieurs entreprises de Paris contactées, a eu lieu, comme la vente de gâteaux, juste avant les vacances scolaires de Noël lors de la fête des talents. Elle a connu un grand succès car nous avions récolté 210 lots !
Même si notre action est officiellement terminée, nous souhaitons tenter de vendre le reste du stock de colliers et bagues lors de la journée portes-ouvertes du lycée fin janvier Nous sommes fiers d’avoir récolté au total depuis le début la somme de 1063,50€, qui ont été remis par notre professeur Marie Catherine Thammalaksa à M. Bruel. Grâce à cette action, cela nous a permis de mieux comprendre ce qui se passe dans certains pays comme le Burkina en terme économique, social et politique. Nos regards se sont ouverts sur les problèmes que rencontrent les populations défavorisées du Burkina et nous avons appris beaucoup de choses que nous ne savions pas (problèmes liés à l’alphabétisation, scolarisation, logement, travail, place des femmes dans la société, travail des enfants etc…). Nous allons à présent finaliser tout cela par la mise en place d’une exposition sur Zoodo et le Burkina au CDI de notre lycée afin de sensibiliser encore plus les autres élèves et professeurs. A présent il nous reste à souhaiter bonne chance à Zoodo et tous ses acteurs pour la suite de leurs actions sur place et nous savons que notre collecte, aussi petite soit elle, sera utilisée à bon escient.
Bonne année 2015 à tous !
La classe de terminale professionnelle Gestion Administration
Carla, Sarah, Anthony, Clara, Soufiane, Maryam, Kevin,
Alexandre, Elodie, Déborah, Ceren, Emeline, Angeline, Patricia,
Soraya, Marie-Alix, Laura et Alizée,
accompagnés par leurs professeurs
Marie-Catherine Thammalaksa et Dominique Wybo.
Tags: Ecole de couture jeunes filles Burkina Faso, Parrainage lycée parisien /Burkina-Faso
Décidément l’année 2014 a été compliquée pour le centre d’alphabétisation de Bobo Dioulasso que nous soutenons depuis 2009. Les femmes alphabétisées avaient trouvé l’asile chez notre ami Casimir Ouédraogo, fin avril 2014, dans les locaux occupés par l’APEJE. Début décembre, Casimir a dû quitter précipitamment, les locaux que son association occupait depuis de nombreuses années car le propriétaire de « la cour » les a récupérés sans état d’âme.
Un ami fidèle toujours prêt à nous aider depuis 2010, Adama Tinto, a accepté d’héberger les activités du centre Yélensira. Le hangar construit, fin 2013, dans le centre Loni Suma en est à son second déménagement… Pour mémoire, Adama est responsable du suivi médico-social du parrainage de la jeune Sarah que nous avons sauvée au mois de novembre 2013, grâce à un fantastique mouvement de solidarité parmi les adhérents de ZÓODO. Depuis cette date, nous lui virons également les indemnités et les charges du centre Yelensira.
Casimir s’est réinstallé loin de Ouezzinville et le Bureau de l’association remercie Adama d’avoir récupéré la gestion financière des activités en aide à Elisabeth qui est attachée au travail en tandem avec un Conseiller Technique. Vous apprécierez la clarté de sa gestion qui nous tranquillise après les soucis avec certains de nos partenaires et les mesures adoptées par le Bureau pour obtenir une réelle transparence financière.
« Bonjour monsieur et madame Bruel
Les femmes ont commencé leur activité de savonnerie, il y a de cela 3 semaines, j’ai pu injecter 274800f (418 €) pour payer la matière de base (beurre de karité et huile de coco). Les femmes ont fabriqué 1400 boules de savons que vous voyez sur les photos exposés sur la table et à l’intérieur des cartons, elles commenceront la commercialisation le samedi. Nous avons ciblé les femmes de Ouezzinville vivant dans le dénuement total.
Pour qu’il n’y ait plus de dérapage dans la gestion, les femmes devront signer une décharge qui les engage à rembourser dans un délai de 12 jours pour ne pas avoir à répondre devant l’huissier.
Les femmes fautives de mauvaise gestion ont été purement et simplement remerciées.
Les produits sont de qualité et si l’écoulement se passe vite, elles pourront se faire 27000 f par mois chacune (41 € sachant que le salaire moyen est de 15 €).
Pour l’alphabétisation, nous avons lancé un avis de recrutement de nouvelles élèves, sous proposition d’Elisabeth. Elle doit passer ce soir récupérer l’argent pour les manuels d’alphabétisation. Nous croyons que d’ici la semaine prochaine ce volet démarrera également.
Très bonne journée à vous, amitiés.
Tinto »
Merci Adama pour votre gestion sans fioriture, « à l’africaine », qui nous permet d’envisager avec sérénité l’avenir du centre et des femmes de Ouezzinville qui font appel à l’association pour améliorer leur existence.
Tags: activités génératrices de revenus Burkina Faso, alphabétisation des femmes Burkina Faso
Nous nous sommes réunis comme prévu, samedi 8 novembre à la Salle des fêtes de Gelle. Le quorum atteint, grâce aux nombreuses procurations des adhérents, nous nous sommes mis au travail. Jean-Marc et Anne-Marie ont présenté conjointement les bilans. L’ensemble des rapports ont été gratifiés à l’unanimité. Les adhérents absents lors de l’assemblée ont reçu par mail le pavé rédigé à cette occasion.
Voilà donc les décisions essentielles :
RAPPORT D’ORIENTATION
Désormais les enseignants portent la responsabilité de la communication ce qui a amélioré la régularité de leurs mails. L’implantation d’une savonnerie en pays gourmantché sera le grand chantier 2015. Maintenir et développer si possible l’existant et gérer les parrainages constitue notre feuille de route. Rasmata Badini vient de se lancer dans la création de classes de collège doublées de sections d’apprentissage ce qui va simplifier le suivi des adolescents. Mireille Gilles-Farges souhaite garder un lien avec Augustin ce qui sera poursuivi à titre privé puisqu’Augustin bénéficie d’un parrainage social.
Nous allons renforcer les liens avec l’association Badenya : Minata Sanou arrive régulièrement, grâce à des connaissances, à nous faire passer de l’artisanat et nous aide à la tenue du blog par ses articles. Nous souhaitons aider dans son combat son association dynamique.
DÉCISIONS PRISES COLLECTIVEMENT LORS DE L’AG
1. Si la recherche de nouveaux adhérents et l’élargissement du nombre d’adhésions parmi les donateurs restera la préoccupation du Bureau dans les prochains mois, le paiement de la cotisation ne constitue pas une obligation. Les donateurs sont automatiquement adhérents à moins qu’ils le refusent expressément.
2. Il a été mis fin unanimement au partenariat avec l’Association ASPROD de Zongo. Cela signifie qu’aucune dotation ne sera attribuée à cette association dans l’avenir. Cependant, M Augustin Kabré qui reçoit un parrainage social continuera à percevoir l’argent remis à Zóodo à titre personnel. Il sera recherché également des secours à titre social et privé pour les enseignantes Mmes Aminata Ouédraogo et Mahimounata Tiemdrébéogo. Ces parrainages seront perçus par M Augustin Kabré et c’est Mireille Gilles-Farges chargée du suivi des parrainages qui se chargera des virements.
3. Le Bureau se félicite du partenariat avec l’association BADENYA et souhaite développer les ventes d’artisanat fourni par cette association. D’éventuelles dotations directes au développement sont exclues actuellement. Cependant, bien évidemment, les dons d’adhérents sensibles au travail remarquable de l’association seraient naturellement transmis à sa Présidente Mme Minata Sanou-Ouédraogo.
LE BUREAU DE L’ ASSOCIATION (exercice 2014-2015)
– Président: JEAN-MARC BRUEL domicilié à Asplos- Gelle 12700 CAUSSE ET DIÈGE
– Vice Président JEAN DA PIEDADE Domicilié à Villeneuve dans l’Aveyron
– Trésorier : KAREL FAILLE domicilié à Rodez dans l’Aveyron
– Trésorière Adjointe Responsable du suivi des activités génératrices de revenus au BF CORINNE TEULIER domiciliée dans l’Héraut en partance pour l’île de la Réunion.
– Trésorier Adjoint, JACQUES CHIAPELLO domicilié en Dordogne.
– Secrétaire : ANNE-MARIE BRUEL-‘FAILLE Chargée du développement des projets d’alphabétisation pour adultes au BF domiciliée à Asplos- Gelle 12700 CAUSSE ET DIÈGE
– Secrétaire adjointe Mireille GILLES-FARGES: domiciliée à Cournon d’Auvergne dans le Puy de Dôme
- Personnes ressources et/ou chargées de missions :
NATACHA KOUMAN Chargée de communication avec le B.F domiciliée à Rodez dans l’Aveyron
MOUSSA ABDA et ALINE GAUTHIER chargés de mission à l’organisation des festivals et des marchés en Île de France.
Après l’Assemblée Générale, nous avons dégusté le menu africain composé entre autre du fameux poulet yassa préparé par Tatie Marie-Louise. Tonton Rabiou nous a fait la surprise de clôturer la soirée en nous racontant quelques belles légendes du Niger. Merci pour votre fidélité et vos points de vue qui nous aident à avancer.
Depuis 2008, les enseignants du pays gourmantché nous ont habitués à un taux de réussite de 100% aux examens d’état d’alphabétisation des adultes. 
« Pour 2014, nous écrit Ousmane Sanga, tous les élèves ont réussi. Centre de Gomoré 32 élèves : 30 Femmes 02 Hommes et Tambougou 36 élèves : 30 Femmes 06 Hommes. Tous élèves de première année sont admis pour la deuxième année. Je vous demande une aide pour les fournitures avant le mois de décembre pour que les élèves commencent bien leurs études ».
Félicitations à tous et toutes ! Nous vous souhaitons courage et disponibilité pour votre seconde année d’études.
Que savons-nous en Europe des conditions de vie des femmes qui survivent avec courage et dignité dans les quartiers pauvres de Ouagadougou ? Nous ne doutons pas de leur misère sans oser aller au fond des choses. Leur meilleure avocat, Minata Sanou-Ouedraogo, Présidente de l’association Badenya, sait nous parler d’elles avec respect et amitié. Nous recevons cette semaine sa description minutieuse et des photos superbes qui nous présentent de façon éloquente le quotidien des tisserandes de Saaba.
« L’Association Badenya (fraternité en dioula) œuvre depuis quelques années à l’amélioration de la condition des femmes du Faso. Dans les articles passés, nous disions qu’on rencontrait dans notre association, des femmes lettrées et des femmes illettrées. Celles qui sont illettrées mènent des petites activités comme le petit commerce; telles que la vente de la bière de mil (le dolo), le tissage, la savonnerie, le ramassage et le concassage des pierres. Aujourd’hui nous nous intéressons aux femmes qui font le tissage tout en vous décrivant cette activité. Ce matin ces femmes vont nous dérouler leur activité du début à la fin.
Au sein de l’association nous avons 05 femmes qui savent tisser. Ce sont : Segda Suzane ; Compaoré Ami ; Ouedraogo Bibata ; Ouedraogo Viviane, et Ouedraogo Alizeta. Pour avoir les nappes Faso Danfani, les femmes se procurent dans un premier temps du fil qu’elles achètent sur la place du marché. Ces fils sont à base de coton 100% burkinabè et travaillés dans une usine de filature au Burkina. Les fils 100% coton de la filature du Sahel (FILSAH). Un paquet de fils coûte 2500F (4€) sur le marché, et dans ce paquet se trouvent 12 rouleaux de fil. Et avec les 05 paquets, elles peuvent faire 6 pagnes qu’elles vendent aux commerçants sur les marchés ; le pagne leur sont payés au prix de 3 500f ou 4 000 f (6 à 6,50 €).
A l’achat, ces fils sont de couleur blanc sale, ensuite ces fils sont lavés et séchés et nous verrons le fil deviendra plus blanc qu’à l’achat. Ici nous avons 5 paquets de fils qui ont été lavés et sont étalés pour le séchage. Pour se procurer ces fils ces femmes doivent parcourir plus d’une dizaine de km, soit à vélos ou à pieds ; cela leur prends plus de la moitié de la journée. De retour ces fils sont lavés dans soirée même puis étalés. Les fils lavés sont étalés pour les faire sécher toute la journée du lendemain. Ce n’est qu’au troisième jour qu’elles pourront commencer l’enfilage. Une fois les fils séchés ; nous les ramassons et les trions pour la prochaine phase qui est la mise dans un bois spécifiquement fabriqué pour faciliter son étalage.

OUEDRAOGO Alizeta est entrain de trier les fils, qu’elle va monter sur un bois pour étalage. Elle vient de finir ce travail, elle a monté sur trois bois, donc elles seront trois femmes à faire l’étalage. ; et pour cela, elles se réveillent très tôt le matin, à 4h 30 ou 5h du matin. Elles commencent l’enfilage pour finir avant le lever du soleil, sinon sous le soleil c’est très fatiguant, mais pour cette séance elles ont commencé l’enfilage vers 10h. Avant l’étalage elles vont clouer des piquets au sol avec des fers et c’est sur ces fers qu’elles vont étaler les fils. Une fois les piquets cloués, elles vont commencer l’étalage. OUEDRAOGO Alizeta commence l’étalage elle vient de placer dans cet instrument 6 rouleaux de fils, on peut utiliser un paquet de 12 pelotes pour monter une chaîne. » MINATA
Le montage du métier commence alors : c’est un travail patient et minutieux …
Ensuite seulement, commence le long travail du tissage …
Pour les tisserandes de Saaba l’espoir renaît car, ici en France, nous nous sommes mis à présenter leurs tissages sur les marchés d’artisanat.
Les pagnes tissés à Saaba ont du succès sur les marchés d’artisanat français et nous les vendons bien ! Minata estime le fruit de trois jours de travail à 10,50 €alors que les tisserandes de Saaba les vendaient 4 ou 5 € aux négociants des beaux quartiers de Ouaga. Zóodo propose leurs pagnes (taille environ 2,50 m x 1,20 m) au tarif français de 25 € : qui oserait dire que c’est trop ? Certaines de ces femmes élèvent seules leurs enfants.
Segda Suzanne recevant la somme de 10 000 fr pour ses tissages.






















