
La vie de Pasteur en brousse est chargée de missions éclectiques. Au service de chacun dans son village quelle que soit sa religion, Michel Dabilgou était enseignant salarié de l’association depuis le mois d’avril, assistant social, écrivain public, conseiller familial et conjugal… Il s’acquittait avec le sourire de toutes ces missions. Pauvre parmi les pauvres, il trouvait encore le temps de cultiver les parcelles de sa concession et d’assurer tous les travaux liés à la vie en brousse, avec des moyens techniques et financiers plus que limités.
C’est notre ami fidèle, Paul Silga, bien connu des lecteurs de Marianne, qui a parcouru 30 km en mobylette pour venir nous saluer dès notre arrivée à Koupéla. Avant de partir en brousse pour Dapelgo, nous avons pris le temps d’échanger autour de rafraîchissements bienvenus par des températures supérieures à 40°. Des liens d’amitié entre Antoine et Paul se sont noués spontanément. Nous attendons beaucoup des futures rencontres prévues entre ces jeunes profondément impliqués dans l’avenir de leur pays. Ils sont remarquables d’idéaux, de courage et d’intelligence mis au service du bien commun.
Chaque année, c’est avec une certaine émotion que nous revoyons l’école du village. Pour les nouveaux lecteurs du blog, l’école de Dapelgo a reçu nos premières aides informelles dès 2004. L’association ZÓODO n’avait pas encore d’existence officielle.
Individuellement, chaque Burkinabé rêve de « gagner » l’amitié d’un Français et chaque village cherche à s’attirer la sympathie et les subsides d’une association européenne. C’est la rançon de leur extrême pauvreté et nous ne leur en voulons pas. Ces facteurs parasites sont contraignants : nous ne pourrions pas nous passer d’aller chaque année sur le terrain et de gérer chaque dossier au plus près et sans naïveté.
Pour l’alphabétisation, Michel Dabilgou construit lui-même des locaux durables, aidé par quelques villageois : difficile de trouver plus motivé, n’est-ce pas ?
Monsieur Aboubacar Bassolé.