« Chers partenaires et amis
Nous venons par ce mail vous donner les échos du terrain et recevoir les vôtres. Les centres vont bien et tous les responsables s’activent dans l’exercice de leurs tâches.
1- Au Centre Bangre Zaandé, depuis que nous travaillons beaucoup à la production de savons de toilette, les tisserandes s’atèlent au tissage vigoureux des pagnes Faso Danfani pour une vente locale. Pour l’instant ce travail est peu rentable, mais peu vaut mieux que rien et nous pensons pouvoir profiter des prochains marchés. Avec l’appui à l’unité nous pouvons tisser plus et vendre mieux en participant à plusieurs marchés au niveau local et en organisant un marché que nous appelons DASSAN-DAAGA pour permettre l’écoulement de nos différents produits de la marque Zong-Tenga (savons comme pagnes tissés).
2- Pour l’alphabétisation, ces deux derniers mois, nous avons participé à plusieurs ateliers d’information et de formation pour la vulgarisation et l’alphabétisation des adultes pour plus de structuration professionnelle. Nous avons pris connaissance du calendrier d’exécution des différents programmes andragogiques par les structures de promotion que nous sommes en vous sollicitant de s’investir corps et âmes pour la régionalisation de l’alphabétisation, tout en tenant compte de l’alphabétisation comme moteur d » instruction et développement des connaissances. Une demande a été adressée au promoteur que nous sommes, à se préparer à recruter un superviseur pour plus de collaboration avec les Ministères de tutelle. Cet atelier est organisé par la Direction provinciale de l’enseignement de base et de l’alphabétisation avec l’appui technique du Ministère. Cette rencontre s »est déroulée dans toutes les 45 provinces du Burkina Faso. Nous avons reçu avec les nouveaux calendriers d’exécution des activités et opérations andragogiques qui se dérouleront sur une période de 05 mois pour les deux diplômes IA et FCB dans l’objectif d’amoindrir le coup de l’alphabétisation qui reste élevé. Pour toutes ces perspectives, il faudra, nous armer de beaucoup de volonté et de courage parce que vous êtes attendus dans ces Ministères de tutelle pour une visite de travail et de courtoisie.
3- Au centre de Fada nous avons beaucoup avancé par rapport à notre chantier. Aujourd’hui nous avons 25 toles sur 30 pour la réalisation du hangar du savoir que nous allons appelé la salle Michel DABILGOU en la mémoire du camarade, collègue « tombé sur le champ de bataille de l’alphabétisation les armes à la main ». Que la terre lui soit legère et paix à son âme. Nous pourrons pouvoir finaliser certaines réalisations avant votre venue au Burkina Faso.
4- Avec les dernières nouvelles du Conseiller Technique de ABFAV qui a effectué un suivi d’évaluation nous rapportons que : les activités de production de soumbala vont bien, les grand- mères arrivent à améliorer les conditions de vie par la vente du soumbala malgré la hausse du prix des matières premières qui ne cessent de monter. Le bureau ABFAV adresse ses meilleures pensées à » Maman ZONGO fille de Maman Goama » et à Natacha leur marraine.
5- L’hivernage a commencé et nous assistons à un grave manque de pluies ces jours, ci qui commencent à inquiéter les populations. Vu cette inquiétude , nous lançons encore et encore un SOS érosion du capital humain. Nous savons qu’il y a crise partout dans ce monde, mais à certains endroits du globe la crise est moins douloureuse que chez nous.
6- L’année scolaire court vers sa fin, nous venons de suivre le déroulement des examens de fin d’année
( CEP, BEPC et le BAC). Les dernieres compositions sont en train de se dérouler dans de bonnes conditions et très bientôt vous aurez le rapport final de parrainage de ZOODO. Le comité s’y atèle, juste un peu de patience et de compréhension.
Nous vous remercions pour tous les efforts. Que Dieu nous aide à accomplir notre tâche comme il l’a toujours fait jusque là.
Amitiés
ONADJA Antoine Maldia
Coordinateur »
Tags: Alphabétisation des adultes association ZOODO, alphabétisation des femmes Burkina Faso
« Chers partenaires
Nous avons l’honneur de vous envoyer des photos de la production du Soumbala que notre association a soutenue en partenariat avec ASPROD-ZOODO 120 000 fcfa soit 2 sacs de 100 kg de graine de néré au bénéfice des grand-mères de l’ABFAV, association qui accueille des femmes bannies de leurs villages à Zongo.
L’activité engendre peu de bénéfices par le manque de matériel de production et de transformation. Le manque de pluie de la saison dernière a occasionné la hausse des prix des graines de néré (notre matière première) qui ont tendance à manquer sur le marché.
Les grand-mères arrivent à vendre le soumbala malgré la hausse des prix des graines mais avec un maigre bénéfice. Peu vaut mieux que rien, disent-elles !
Notre atelier de production de soumbala est composé de 3 groupes de 10 femmes soit 30 femmes. L’activité se déroule chaque semaine sur 3 étapes :
1er jour : préparation des graines pendant une journée
2ème jour : la couverture pour la décomposition
3ème jour : pilage au mortier pour enlever la peau noire de la graine
4ème jour : la fabrication en boules de soumbala
5ème jour : vente de soumbala
6ème jour : vente de soumbala
7ème jour : vente de soumbala
Nous souhaitons organiser un marché culturel des productions locales avec la participation du Député, chef de Laarlé Naaba Tigré (chef coutumier de haut rang et député à l’Assemblée Nationale) et bien d’autres responsables coutumiers et administratifs avec les associations partenaires pour la promotion de nos produits.
Nous vous tiendrons informés de la suite des préparations.
Meilleures salutations
SAWADOGO Antoine
Conseiller technique auprès de l’ABFAV »
* Le soumbala est un condiment alimentaire tiré du fruit du néré, largement consommé au Burkina Faso et dans les pays d’Afrique de l’Ouest.
« Le Burkina Faso a un taux d’alphabétisation officiel de 22%. Ce chiffre est à modérer par le fait que le taux d’alphabétisation correspond à la proportion d’habitants de plus de 15 ans qui savent lire et écrire. Or, plus de la moitié de la population a moins de 15 ans et bénéficie d’une instruction meilleure que celle des aînés. Ce taux d’alphabétisation est aussi à décomposer par sexe puisque deux fois plus d’hommes que de femmes sont alphabétisés.
En outre, il diffère grandement en fonction des communautés. Les chrétiens, du fait de l’aide apportée par les différentes églises, sont plus alphabétisés que les musulmans par exemple. Les communautés nomades, Peulhs et Touaregs principalement, sont de leur côté très peu alphabétisés en raison des traditions et de la nature même du nomadisme.
En outre, l’état Burkinabè a compris l’importance de l’enseignement en langues locales. De plus en plus d’enfants et d’adultes sont alphabétisés dans leur langue maternelle communautaire.
Des livres scolaires en mooré, gourmantché, dioula, peulh ou gourounsi sont de plus en plus souvent édités pour permettre un apprentissage de qualité de l’alphabet et du savoir sans lequel la connaissance du français devient rarement bonne. Dans la même optique d’adaptation de l’enseignement, des écoles pour les sourds, les aveugles ou les handicapés moteurs voient le jour dans les villes avec le soutien financier et logistique d’ONG. »(Source Planète Burkina)
Aussi, sommes-nous vraiment satisfaits quand nous recevons des nouvelles du fin fond de la brousse à l’est du Burkina Faso.
Les élèves du centre de Gomoré, village qui jouxte la ville de Fada N’ Gourma, vont s’installer prochainement dans les nouveaux locaux, construits sur un terrain acquis par l’association début 2011.
Les élèves de Tambougou, centre situé à 17 km de Fada N’ Gourma, viennent de passer leur premier examen officiel. C’est le chef du village qui a eu la mission de décacheter l’enveloppe contenant le sujet du tout premier examen passé dans le village.
Nous remercions Ousmane Sanga et Fatimata Manli pour le travail remarquable qu’ils fournissent depuis plusieurs année au service de l’alphabétisation des adultes en pays gourmantché.
En cette période de disette généralisée à Zongo, Antoine Onadja, Coordinateur des centres, organise des journées à l’attention des enfants parrainés :
« Nous sommes heureux de vous envoyer des photos d’activités de la journée scolaire et pré scolaire au profit des enfants parrainés par les adhérents varois de l’association et les petits frères et sœurs des adolescentes de l’école de la deuxième chance. L’objectif de ces journées est de renforcer le niveau scolaire et pré scolaire des enfants à Zongo. Vous verrez Appolinaire, Azaria, Blandine, Koumbou, Faouzi et d’autres enfants parrainés.
Les enfants reçoivent un repas amélioré.
Nous vous signalons que la crise alimentaire s’intensifie, le gouvernement lance un SOS de lutte contre la faim. La situation était déjà problématique et nous accueillons nos frères maliens qui ont fuit les troubles dans leur pays. Comment allons nous faire, nous qui vivions déjà si précairement ?
Amitiés.
Antoine M Onadja »
»Fidéline, l’une des soeurs d’Antoine, le Coordonnateur de Zóodo-Burkina, nous a invitées chez elle à Fada N’Gourma, pour manger une pintade aux choux et c’est à la fin de ce délicieux repas que nous avons abordé la condition de la femme Burkinabée (en langue mooré on peut écrire: une burkinabé).
Fidéline est infirmière puéricultrice. Avec elle, nous avons parlé de la condition des femmes au Burkina-Faso : alphabétisation, scolarisation, accouchement, péri- mortalité, excision, espacement des naissances…
Au Burkina -Faso, les femmes représentent 52% de la population, mais assurent 60% de la production agricole.
Malgré tous leurs efforts pour accéder au monde du travail les femmes Burkinabés constituent 51,7% des groupes extrêmement pauvres du pays .
Le nombre des difficultés, qui freinent l’épanouissement de la femme Burkinabé, vient en premier lieu du faible niveau d’instruction des filles et des femmes.
Le B. F. a un taux de scolarisation faible et défavorable aux filles.
En 2000/2001 42,7% d’enfants sont scolarisés, soit 33,3% pour les filles, contre 47% pour les garçons ( et seulement environ 13 % des femmes adultes ont été alphabétisées).
La discrimination est due essentiellement aux :
– Traditions
– Mariages précoces et forcés ,
– Insuffisance d’infrastructures des écoles ,
– Eloignement scolaire ,
– Inégalité des tâches dans la famille.
En effet, à travers les contes, les proverbes, l’éducation traditionnelle, la femme n’occupe pas la place la plus favorable.
Petite, la femme doit aider sa mère.
Jeune fille, elle est considérée comme étant en instance de départ (pour mariage ) et continue d’aider au foyer familial, contre très peu d’argent (ou pas du tout) en échange.
Épouse, la femme est une étrangère dans la famille de son mari … A tout moment sa situation matrimoniale peut changer : divorce ou arrivée d’une coépouse, décès de son mari qui lui vaudra d’accepter le « lévirat »(chez les animistes (obligation absolue d’épouser son beau-frère, sous peine d’expulsion du village) .
La femme burkinabé vit souvent ses angoisses et ses frustrations dans une ambiguité statutaire entre sa famille paternelle et celle de son mari.
Toujours première levée, dernière couchée, la femme ne dispose pas de beaucoup de temps, pour aller aux cours d’alphabétisation.
Les petites filles sont impliquées très tôt dans les activités domestiques (corvées d’eau, de bois, garde des enfants, vaisselle etc …) .

On inscrira plus facilement son frère à l’école, qui est toujours payante (beaucoup de familles ne peuvent pas payer) et souvent éloignée du lieu de vie de la famille (fréquemment les enfants parcourent 15 km à pieds aller-retour).
Même si les hommes jouent un rôle important dans la reproduction du système familial, et prennent les décisions importantes du ménage, ils ne participent pas du tout aux tâches ménagères (ils sont agriculteurs pour 83% d’entr’eux ou petits artisans pour une bonne part des autres).
Les femmes sont les seules impliquées dans l’entretien de la famille, l’éducation, l’alimentation et les soins à donner aux enfants ( la moyenne est de 6 enfants, 8 en brousse), après les cultures, le transport de l’eau ou le petit artisanat (souvent tissage).
Les femmes participent aux travaux champêtres dans le champ familial (au Centre, au Nord, ce sont des nomades) et dans les champs de coton (au Sud- Ouest du pays).
C’est à elles que reviennent les tâches clé de la production (semer, repiquer, transporter les récoltes etc). Elles exploitent de plus en plus des lopins de terre personnels pour leurs propres cultures d’arachides, de niébé, de karité, légumes, etc . ou leur propre petit commerce, en ville.
Les produits de cueillettes et leurs transformations ex: fabrication de savons avec le beurre de karité, l’artisanat (tissage du coton, poterie, couture),
l’exploitation et le petit commerce (vente de bois, couture, coiffure, blanchissage, cuisine ambulante, etc.) sont encore dominés par les femmes même si avec la raréfaction des ressources naturelles, les hommes ont tendance à récupérer ces différents domaines.
Il est donc fréquent que les femmes Burkinabé abandonnent les cours d’alphabétisation : écriture, calcul, et lecture, en raison, de ces nombreuses tâches qui leur incombent.
Dans tous les centres que nous avons visités, nous avons ressenti beaucoup d’intérêt et de fierté de la part des femmes pour le suivi régulier des cours d’alphabétisation.
A Tambougou, nous avons été subjuguées par la volonté d’apprendre des femmes dans la « maison du savoir », si bien encadrée par la très lumineuse Fatimata, leur institutrice.
Il y a nécessité de les aider à travers notre association ZÓODO, dans leur progression, dans cet accès à l’instruction qui les rend autonomes, qui leur permet de mieux faire face aux aléas de la vie, de prendre en charge avec plus de clairvoyance : leur santé, leur grossesse, l’espacement des naissances, le respect dû à leur corps, le bien être social et économique de leur famille et une place dans la société, qui reconnaitra enfin leur juste valeur ! Afin qu’elles aussi, aident leurs filles à accéder le plus tôt possible à l’école.
C’est là que, nos échanges d’amitiés, les parrainages, les dons financiers de chacun des adhérents de Zoodo, si modestes soient-ils … Nos voyages au Burkina-Faso pour les rencontrer, les marchés si ardemment pratiqués pour la vente d’artisanat chaque dimanche, par Anne-Marie et Jean-Marc prennent tout leur sens …
Cela s’appelle ZÓODO …. et Il faut y aller pour le voir ! »
Suzanne J
Tags: alphabétisation des femmes-association Zoodo-ZONGO, condition des femmes au Burkina Faso























































