Nos collaborateurs en pays Bobo ont trouvé un photographe qui s’est déplacé à Kongodjan, village perdu dans la brousse à une heure de voiture de Bobo Dioulasso. Nous cherchions à vous donner des nouvelles fraîches de Sarah Guiré que nous avons sauvée tous ensemble de la gangrène au mois de novembre 2013, lors de notre séjour annuel au Burkina Faso.
La somme importante recueillie il y a cinq mois, permet à Sarah de se nourrir correctement et de s’acquitter de ses factures médicales mensuelles : pharmacie, visites du « Major » du secteur (cadre infirmier) qui vient pratiquer les soins requis plusieurs fois par semaine.
La cicatrisation progresse mais l’intervention est encore récente et Sarah devra patienter quelques temps encore pour pouvoir porter une prothèse qui lui permettra de reprendre quelques activités et d’envisager son avenir de façon plus sereine.
Avec le passage au CE, 1 il y a encore des abandons….. 76 élèves inscrits.
Le programme est toujours aussi chargé aux cours élémentaires. On retrouve les matières du CP : lecture, langage, calcul, écriture, éducation morale et civique, dessin, orthographe…… Mais aussi : dictée préparée, vocabulaire, grammaire, conjugaison, expression écrite, opérations, problèmes, histoire, géo, activité physique de production (?)
Classe du CE2 … il ne reste plus que ….48 enfants.
La vie est tellement dure pour certaines familles que l’école est abandonnée…..
Quel dommage pour ces enfants !
Aux cours moyens on retrouve les mêmes matières qu’au CE, mais en plus : activités dirigées et élocution.
Elocution en français, langue officielle. Tous ces enfants ont appris le français à l’école , chez eux ils parlent la langue locale : le mooré (langue locale de Ouagadougou), le fulfulde (langue des Peuls), le dioula (langue des Bobos), etc….
CM1 : 49 élèves très disciplinés.

Parfois, dans la cour, d’autres êtres s’invitent…. Des fillettes chargées de famille dont le rêve est d’aller à l’école…

Lorsque nous sortons d’une telle école, où nous avons rencontré cette Dame, ces enseignants dévoués, ces enfants pleins d’espoir, nous sommes songeurs….
Et Madame Badini n’a pas fini : « Ma vision est que cette école devienne un complexe scolaire dans les années à venir pour que les élèves puissent aller très loin dans les études. » ………
Mireille Gille-Farge
Secrétaire Adjointe aux parrainages d’enfants
Tags: Classes primaires surchargées Burkina Faso, Scolarisation des enfants Burkina Faso, Sureffectifs dans les classes primaires Burkina Faso
Beaucoup de nos enfants parrainés sont scolarisés à l’ école Pouiwindin de Zongo.

Cette école est l’œuvre d’une femme : Madame Rasmata Badini. C’est une école privée, comme il en existe beaucoup au Burkina Faso car, dans les textes officiels, l’école est obligatoire et payante mais malheureusement l’état n’en construit pas partout. Jamais par exemple, dans les quartiers non-lotis et certaines personnes prennent le destin de leur pays en main.
Rasmata Badini est de celles-ci. Elle a créé cet établissement avec son mari, décédé prématurément, pour relever le taux de scolarisation au Burkina Faso en général et pour le village de Zongo en particulier.
Zongo est un village non loti donc sans eau (au puits seulement) et sans électricité, peuplé par une population très pauvre…
Madame Badini a surtout voulu aider les parents les plus démunis qui désirent inscrire leurs enfants à l’école….
L’enseignement est payant mais Ramata fait de nombreuses concessions… Elle ne peut pas laisser un enfant qui a envie d’apprendre devant la porte alors…Zóodo essaye de l’aider à continuer en parrainant des enfants….
Au mois de novembre nous sommes allés lui rendre visite….
En route pour l’école :

Après un accueil très chaleureux de Madame Badini, la directrice, nous avons pu faire le tour des classes et surprises….par rapport à nos écoles ….
Au Burkina Faso, il y a deux classes de CP. Voici les 2 CP de Pouiwindin
CP1 , 92 enfants inscrits….

Dans la classe de CP2 …82 enfants
Les matières enseignées aux CP sont : langage, lecture, écriture, calcul, copie, dictée, exercices sensoriels, orthographe, dessin, récitation, chant, éducation morale et civique, exercices d’observation, animation sportive.
Les journées sont bien remplies, elles commencent à 8 h pour finir à 17 h 30 (si mes souvenirs sont bons). Les enfants ont une pause de midi à 15 h.
Quand tout va bien, que les enfants ne sont pas contraints d’abandonner…. Ils passent au CE1.
Suite à la semaine prochaine !
Mireille Gilles-Farges
Secrétaire adjointe aux parrainages
Tags: scolarisation Burkina Faso, Scolarité des enfants du Burkina Faso
Lors de nos visites dans les trois centres d’alphabétisation, nous avons constaté avec plaisir que les actions débutées les années précédentes étaient en cours de consolidation voire même totalement achevées.
Nous sommes heureux et fiers de pouvoir proposer aux femmes qui ont suivi les cours d’alphabétisation, une activité professionnelle qualifiante, gratifiante et génératrice de revenus.
Annoncé lors des états généraux du mois de Novembre, cette année les projets du partenariat ASPROD-ZOODO prennent une dimension « communautaire » DONNER ET RECEVOIR EN ECHANGE.
Les responsables des trois centres travaillent à organiser des journées d’entraide. Chacun sera libre d’apporter à l’autre un peu de son temps, de son savoir-faire, de ses compétences, de sa bonne humeur…
Toute personne qui acceptera la règle du jeu pourra offrir et/ou partager ses connaissances mais aussi se former. Tous les domaines de compétence sont acceptés, couture, cuisine, tissage, jardinage, fabrication d’instruments de musique, talents de musicien, de conteur…
Les objectifs recherchés sont :
- D’augmenter la solidarité des villageois afin que chacun puisse accéder au minimum vital.
- De développer l’apprentissage pour assurer la pérennité des métiers traditionnels.
Cet état d’esprit communautariste prendra l’aspect d’une bourse d’échanges professionnels, alimentaires, vestimentaires, mais aussi d’aide à domicile pour les personnes les plus démunies physiquement.
Dans le même esprit Augustin, Président d’ASPROD, nous propose un projet, ajouter à l’école de foot …
…une école de musique qui rassemblera le plus grand nombre d’enfants défavorisés. Mireille Gilles-Farge, Secrétaire adjointe aux parrainages, en sera la marraine puisque ce projet concerne bien sûr aussi les enfants parrainés. L’apprentissage de la musique par des « anciens » au profit des jeunes générations renforcera les liens intergénérationnels au sein des familles et des villages.
Ce centre de loisirs mixte, permettra la réalisation de jumelages inter villages, villes du Burkina Faso et pourquoi pas à l’extérieur des frontières …
Corinne Teulier
Dans le cadre de nos actions menées dans la région de Fada N’ Gourma, nous réservons une matinée à un entretien avec un autre chef coutumier.
A quarante cinq minutes de pistes de Fada N’ Gourma, nous rendons visite au village de Tambougou.

L’entretien avec le Chef de Tambougou se déroule tout autrement. Nous ne pénétrerons dans l’enceinte du village qu’une fois le Chef averti, et l’autorisation donnée au responsable des centres du pays gourmantché, Ousmane Sanga de nous introduire.
Très rapidement fauteuils, chaises, bancs sont installés. La visite se déroule sous le manguier dans la cour du chef. En guise de bienvenue, et, telle que le veut la tradition, une calebasse remplie d’eau de mil passe de main en main.
Elèves de Fatimata Manli, les femmes et des enfants du village nous accueillent chaleureusement. Nous sommes là, d’une part pour porter à la connaissance du Chef les résultats de la session d’alphabétisation (2 années de cours) qui vient de s’achever, mais aussi, pour féliciter les élèves pour leur implication et les brillants résultats obtenus.
L’ambiance est sérieuse… tout le monde est très attentif aux déclarations du Chef et de Jean Marc. On perçoit dans les yeux de ces femmes la fierté d’être diplômées après deux ans d’efforts quotidiens : apprendre à l’âge adulte exige des efforts remarquables.
Le Chef prend connaissance des brillants résultats scolaires de la session d’alphabétisation de l’année 2012-2013. La totalité des femmes qui ont présenté l’ examen de Formation Complémentaire de Base ( F C B) l’ont réussi. Cette formation destinée aux apprenants issus des cours d’Alphabétisation Initiale à pour but de consolider leurs acquis en terme de savoir, de savoir-faire et de savoir être. L’instruction leur permettra de mieux appréhender les difficultés liées à leur milieu, de connaitre et de comprendre leurs droits et devoirs, mais aussi de participer de manière conséquente au développement socio-économique de leur communauté.
Pour féliciter toutes ces familles qui consacrent du temps à l’apprentissage en plus de leur travail au quotidien, nous offrons un ballon pour les jeunes et un sac de riz, (denrée rare en brousse), qui viendra compléter l’ordinaire des familles.
Comme le veut la tradition, alors que nous « demandons la route au chef », on nous amène de sa part trois poulets vivants en guise de reconnaissance. Oui vivants ! Au premier abord surprenant et amusant… mais très vite on réalise combien ce cadeau est précieux. Les familles qui nous entourent, ne possèdent presque rien et pourtant elles nous offrent ces volatiles avec tant de générosité.
Nos deux Chefs !!! scellent leur amitié par une poignée de main et posent avec satisfaction pour la photo qui vient pérenniser cette belle rencontre.
Les femmes laissent alors éclater leur joie ! Quelques pas de danse offerts spontanément nous garantissent que nous sommes bien en Afrique…
Le Chef nous fait ses adieux non sans avoir prié les femmes et les enfants de nous raccompagner…
Nous retiendrons en guise d’encouragements le sourire de ces femmes et le regard attendrissant des enfants. Et moi… tout particulièrement la tendresse d’ Awa.
Afin que nous puissions continuer tous ensembles nos actions, nous vous remercions par avance pour vos aimables contributions.
Corinne Teulier










































